lundi 5 juin 2017

SES, Thème 4 : Travail, emploi, chômage, Quelles politiques pour l’emploi ?, TES

Thème 4 : Travail, emploi, chômage
Quelles politiques pour l’emploi ?
I-                    Les politiques pour l’emploi, pour quoi faire ?
A-     Une exposition inégale au chômage
Les politiques de l’emploi sont l’ensemble des mesurer prises par l’Etat pour accroître l’emploi et/ou réduire le chômage.
Un actif est un individu qui occupe un emploi ou qui en cherche un.
Un chômeur est un actif qui n’a pas d’emploi et qui en cherche un. On compte aujourd’hui en France plus de 6 millions de chômeurs. Aujourd’hui, 10% de la population active est au chômage en France.
Le portrait-robot d’un chômeur :
-          Les hommes sont aujourd’hui plus touchés par le chômage que les femmes mais historiquement, les femmes l’étaient plus jusqu’à la crise actuelle qui a principalement touché des hommes ouvriers.
-          Les jeunes sont particulièrement touchés par le chômage puisque 1 sur 5 l’est actuellement.
-          Les actifs sans diplômes sont 3 fois plus souvent au chômage que les actifs diplômés de l’enseignement supérieur.
-          La PCS la plus touchée par le chômage est celle des ouvriers (en particulier les non qualifiés) ; la PCS la plus protégée est celle des cadres. Plus le niveau de qualification du poste de travail est élevé, plus la protection contre le chômage est importante.
-          Aujourd’hui, 45% des chômeurs sont des chômeurs de longue durée c’est-à-dire des actifs au chômage depuis plus d’un an. Parmi ceux-ci, plus de la moitié sont des chômeurs de très longue durée (plus de 2 ans). Plus un individu passe de temps au chômage, plus il a de risques d’y rester. Il perd de son employabilité, de ses compétences.

B-     Le travail, facteur essentiel de l’intégration, est aujourd’hui fragilisé
Les droits sociaux sont l’ensemble des protections qu’apporte le fait de cotiser pour la sécurité sociale et le chômage. En ne travaillant pas, les individus ne cotisent pas et perdent progressivement leurs droits sociaux (perte des allocations chômage au bout de deux ans maximum, retard de l’âge de la retraite, diminution de la couverture maladie).
La précarité est l’instabilité professionnelle et financière qui subit une partie des individus. Enchainer des périodes de chômage et de petits boulots ne garantit pas un revenu important et régulier. Sont donc considérés comme précaires les chômeurs, les salariés avec des contrats courts (CDD, intérim -> contrats précaires).
Ne pas avoir d’emploi est un problème :
-          Economique : les revenus des chômeurs seront limités (allocations, RSA)
-          Social : Des revenus insuffisants limitent la participation à la société de consommation. Les chômeurs ne peuvent pas consommer de la même manière que les autres.
Etre au chômage limite les relations sociales qu’entretiennent les individus : plus de relation de travail, fragilisation du lien privé (conjugal, divorces, éloignement de ses proches).                                                                               Etre au chômage limite aussi la solidarité nationale assurée par l’Etat providence. Les droits sociaux sont moindres que pour ceux qui ont un emploi.                                                                                                                                              
Enfin le chômage conduit à une perte d’estime de soi, on se sent inutile (renfermement sur la sphère privée).

è Le travail est un facteur essentiel de l’intégration. L’Etat doit donc veiller a en donner/assurer au plus grand nombre. Des politiques de l’emploi vont être menées pour diminuer l’exclusion et dynamiser les embauches des profils défavorisés/touchés par le chômage.




II-                  Comment réduire le chômage ?
A-     Soutenir la demande pour réduire le chômage keynésien
Produire prend du temps que l’entreprise n’a pas lorsqu’elle doit satisfaire une demande immédiate. Elle doit chercher à anticiper l’évolution de la demande afin de produire et d’investir dans les temps (suffisamment tôt). Keynes parle de demande effective/anticipée : les entreprises doivent chercher à prévoir le mieux possible la demande qu’elles auront à satisfaire dans le futur.
La demande anticipée va conduire les entreprises à produire une certaine quantité de biens et de services. Pour y parvenir, elles devront embaucher une certaine quantité de main d’œuvre. L’anticipation de la demande est au cœur du modèle Keynésien : si elle est élevée, les entreprises devront produire beaucoup et embaucher beaucoup (et inversement).
Pour Keynes, le chômage s’explique par une insuffisance de la demande anticipée par les entreprises et les APU. Elles pensent peu vendre donc embauchent peu et du chômage apparait.
Pour réduire le chômage chez Keynes, il suffit d’augmenter la demande anticipée par les entreprises et les APU c’est-à-dire, augmenter la consommation des ménages, augmenter l’investissement (publics) et augmenter l’exportation.
Plusieurs solutions existent :
-          Augmenter le pouvoir d’achat des plus défavorisés : valorisation du SMIC, augmentation des allocations et des minimas sociaux.
-          Subventionner les investissements privés (recherche et développement) pour les pousser à investir.
-          Diminuer le cout des crédits en baissant les taux d’intérêts.
-          Développer les investissements publics en creusant si nécessaire le déficit et la dette publique.


B-     Des politiques d’allègement du cout du travail pour lutter contre le chômage classique
Cout du travail : salaire brut + cotisations patronales
                                            Salaire net + cotisations sociales
Le salariat à temps plein le plus mal payé en France (SMIC) coûte 1900 €. Certains économistes libéraux jugent ce coût trop important. Il serait créateur de chômage.
Si le salaire est supérieur au salaire d’équilibre, alors l’offre est supérieure à la demande et du chômage apparait. On parle de chômage classique car il provient des rigidités à la baisse du salaire. Pour les libéraux, ce type de chômage est volontaire, il est la conséquence de l’intervention de l’Etat avec la mise en place d’un SMIC.
Plus généralement, les libéraux montrent que le chômage provient de l’intervention de l’Etat sous toutes ses formes (cotisations sociales, existence des CDI, congés payés, durée du temps de travail limité). Tous ces droits obtenus par les travailleurs limitent les libertés des entreprises d’agir comme elles le souhaitent. On dit que le marché est rigide et créateur de chômage.
Pour réduire le problème du chômage, les libéraux veulent réduire l’intervention de l’Etat à travers des politiques d’allègement du cout du travail : baisse des cotisations sociales pour rendre le travail moins cher et inciter les entreprises à embaucher. Plus généralement, toute rigidité doit être supprimée (SMIC, 35h, CDI…). En donnant le maximum de libertés aux entreprises, le marché du travail devrait revenir à l’équilibre de lui-même.




C-     Des politiques de formation et de flexibilisation pour réduire le chômage structurel
Le chômage structurel est la part du chômage qui s’explique par l’inadaptation du profil des chômeurs ou des contrats de travail à la réalité des structures économiques, aux besoins réels des entreprises. 
1-      Les politiques de formation pour une meilleure adéquation entre offre et demande de travail
On peut distinguer deux politiques de dépenses en faveur de l’emploi :
-          Des politiques de dépenses passives qui visent à indemniser les chômeurs, c’est-à-dire à leur verser une allocation régulière pendant un certain temps. Cette politique accompagne financièrement les chômeurs mais ne les aides pas véritablement à retrouver un emploi. 
-          Des politiques de dépenses actives qui visent à aider les travailleurs à retrouver le plus rapidement un travail en leur offrant des formations et un suivi individualisé. L’objectif est de mettre en adéquation le profil des chômeurs avec les postes à pourvoir. Pôle emploi propose d’actualiser leurs compétences à une partie des chômeurs, leur retour à l’emploi devrait être plus simple.
Les politiques de suivi individualisé des chômeurs poursuivent deux objectifs :
-          Mieux cerner le degré d’employabilité (la capacité à trouver un emploi) et apporter des réponses personnalisées aux problématiques rencontrées (CV, formation, information…)
-          Pousser les chômeurs à réellement mener des démarches pour retrouver un emploi. Le chômeur doit montrer qu’il a postulé à différentes offres, qu’il cherche à se former lors des entretiens individualisés. S’il ne le fait pas, il peut être pénalisé financièrement (fin de versement des allocations).
Ces mesures renforcent les contraintes que font peser l’Etat sur les chômeurs, elles visent à réduire le nombre de passagers clandestins, de profiteurs du système.
Les dépenses pour l’emploi ont augmenté de 2000 à 2012. En 2000, 34 milliards d’euros étaient consacrées aux politiques pour l’emploi aujourd’hui (2012) c’est 42 milliards. Mais ces dépenses représentent aujourd’hui une part du PIB plus faible qu’en 2000. En 2012, seulement l’équivalent de 2% du PIB était consacré aux politiques pour l’emploi alors qu’en 2000 c’était 2,3%.
Ce sont les dépenses passives d’indemnisation qui ont été privilégiées alors que les dépenses actives de formation ont diminuées. L’explosion des dépenses passives s’expliquent par l’augmentation du chômage depuis la crise de 2008. Plus il y a de chômeurs, plus les dépenses passives augmentent. A l’inverse, les dépenses actives ont diminué/stagné, cela peut s’expliquer par des raisons structurelles. La dette de l’Etat est trop importante, il faut réduire les dépenses publiques pour éviter qu’elle ne se creuse encore.
Le chômage structurel dû à un manque de formation risque de perdurer puisque les dépenses actives n’augmentent pas alors que le nombre de chômeurs a explosé. Moins de formations sont proposées à plus de chômeurs (problème).
2-      Flexibiliser le travail pour l’adapter aux besoins des entreprises
Flexibiliser le travail pour l’adopter aux besoins des entreprises. La flexibilité est la capacité des entreprises à s’adapter aux évolutions de leurs environnements économiques. La flexibilité passe donc par l’adaptation des travailleurs aux besoins des entreprises, besoins qui peuvent évoluer dans le temps.
On distingue cinq formes de flexibilité :
-          La flexibilité salariale : elle se rapproche de la théorie libérale, les entreprises doivent être capables d’adopter rapidement le niveau des salaires en fonction de leur situation économique. Cette flexibilité existe en particulier en France : possibilité de mettre au chômage partiel des travers en période e crise, possibilité de geler/réduire les salaires en cas d’accords dans l’entreprise. A l’inverse des obstacles limitant cette flexibilité (SMIC).  
-          Flexibilité quantitative externe : l’entreprise doit pouvoir adapter sa quantité de main d’œuvre rapidement et sans couts : licenciement aisés, embauche sur contrats courts. En France les contrats courts existent mais ont un salaire plus élevé (la peine de la précarité) et les licenciements restent contrôlés et souvent chers aux patrons (prime de départ)

-          Flexibilité quantitative interne : L’entreprise doit pouvoir, sans couts supplémentaires, adapter le volume horaire de travail à la situation économique (heures supplémentaires non majorées, temps partiel…). En France, cela est possible mais les heures supplémentaires sont majorées, le travail le week-end et les jours fériés sont payés double…

-          Flexibilité quantitative externe : l’entreprise doit pouvoir sous-traiter les phases de la production qu’elle souhaite, qui ne font pas parti de son cœur de métier. En France, cette forme de flexibilité existe (sous-traitance comptable, sécurité, restauration…)

-          Flexibilité qualitative interne : L’entreprise doit pouvoir utiliser sa main d’œuvre sur plusieurs tâches sans perdre de son efficacité (main d’œuvre qualifiée, formée) = polyvalence
En flexibilisant le travail, l’entreprise doit être capable de réaliser des économies qui pourront lui servir à investir et à embaucher plus demain. Permettre à des entreprises de licencier rapidement et facilement évite qu’elles ne risquent la faillite, leur permet d’économiser pour relancer son activité et ses embauches.
De même, faire faire des heures supplémentaires permet à une entreprise de produire plus, de faire plus de profits et pérenniser les embauches.
Enfin, disposer d’une main d’œuvre qualifiée augmente l’efficacité, la productivité de l’entreprise ce qui lui permet de dégager plus de profits et d’embaucher plus. Toutes ces formes de flexibilité permettent, en théorie de réduire le chômage structurel.
Pour les salariés, une flexibilité trop poussée est souvent synonyme de précarité. Pour limiter celle-ci, la polyvalence doit être développée et la flexibilité quantitative externe aussi. Si la main d’œuvre est formée, les contrats courts ne sont pas un problème puisque la main d’œuvre retrouvera facilement un emploi. 
è Une solution innovante pour sortir du chômage est celle de la flexisécurité. Comme le font les pays scandinaves, elle vise à assurer une forte flexibilité pour les entreprises et une forte sécurité de l’emploi pour les travailleurs. Pour y parvenir, la flexibilité quantitative externe doit être forte (pour les patrons), la protection contre le chômage importante, la formation des chômeurs rapide et efficace. Les salariés au chômage sont bien payés et formés (sécurité) et retrouvent donc du travail facilement.





SES, Thème 5 : Intégration, conflit et changement social, La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement ?, TES

Thème 5 : Intégration, conflit et changement social
La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement ?
I-                    La conflictualité sociale : de quoi parle-t-on ?
A-     Définir les conflits sociaux
Une action collective ou un mouvement/conflit social se caractérise par quatre critères :
-          Des individus agissent collectivement de manière volontaire (souvent à travers des syndicats, associations, collectifs…)
-          Ils réclament un changement qu’ils jugent bénéfique pour la société, défendent des idéaux, valeurs importantes à leurs yeux (avortement, mal bouffe, augmentation de salaire)
-          Ils s’opposent à un adversaire connu de tous (des entreprises, les APU)
-          Se mobilisent de manière diverse (manifestation, boycott, pétition)
Au final, les conflits sociaux sont une opposition entre au moins deux groupes aux intérêts antagonistes qui se mobilisent à travers un répertoire d’action diversifié (manifestation pour ou contre le mariage pour tous, séquestration de patrons Air France, grève générale en Guyane, opération escargot, phénomènes NIMBY…).
B-     Des conflits en évolution
Les sociologues distinguent deux types de conflits sociaux :
-          Les conflits du travail qui ont lieu dans le monde économique, en entreprise
-          Les nouveaux mouvements sociaux (NMS) qui traversent l’ensemble de la société

1-      Les conflits du travail disparaissent-ils ?
En 1976, 4.1 millions de journées n’avaient pas été travaillées, cela signifie qu’il y a eu 4.1 millions de jours de grève cette année-là. En 2008, 7.6% des salariés étaient syndiqués.
Le nombre de jour de grève a chuté depuis les années 1970. Aujourd’hui, on compte moins d’un demi-million de jours de grève par an contre au moins 8 fois plus dans les années 70. Les conflits du travail ont donc tendance à disparaitre dans notre société. Les travailleurs entrent de moins en moins souvent en opposition avec le patronat.
Il existe plusieurs explications à ce déclin :
-          Le niveau de vie des salariés s’est considérablement amélioré ces 50 dernières années. Ils réclament moins souvent des hausses de salaire. Plus largement, les enjeux matérialistes sont de moins en moins un motif de conflit. Les enjeux matérialistes regroupent toutes les réclamations qui portent sur la quantité de biens et de services dont un individu peut disposer.
-          Les taux de syndicalisation très faibles limitent l’action des syndicats. Ceux-ci ne semblent pas représentatifs du monde du travail. Leurs appels à la grève sont moins nombreux et moins suivis.
-          La tertiarisation de la société conduit à une baisse du poids des ouvriers or ce sont généralement les premiers à se mobiliser.
-          La négociation salariale en amont semble se développer dans les entreprises. Le dialogue social semble se pacifier et permet d’éviter les conflits.
-          Le développement de la précarité limite l’engagement des titulaires de contrats courts qui ne se sentent pas membres d’un collectif et ne voient pas l’intérêt de lutter pour des améliorations qui ne les touchent pas.
-          Il ne semble pas rationnel de manifester : c’est le paradoxe d’Olson. A quoi bon perdre une journée de salaire en faisan grève alors que les entreprises accordent une hausse de salaire à tous qu’ils aient manifesté ou non. Il est donc plus rationnel de jouer au passager clandestin (profiter des avantages obtenus sans en payer le cout). Si chacun tient ce raisonnement, les conflits ne devraient pas avoir lieu or l’individualisme semble s’être développé dans nos sociétés.

Cependant les conflits du travail n’ont pas disparu. Ils se sont transformés :
-          Pour limiter l’impact négatif sur les salariés les conflits sont souvent moins longs et prennent la forme de freinage (ralentissement de la production) ou de débraillage (interruption courte atelier par atelier)
-          Les conflits deviennent plus violents (destruction de matériel, séquestration)
-          Les conflits du travail sont plus souvent défensifs qu’offensifs. Les salariés réclament moins souvent des hausses de salaire mais une meilleur protection de leurs droits en interpellant si nécessaire l’Etat (limitation des licenciements, plans de reclassement importants). Les salariés cherchent à garder ce qui existe déjà et se battent moins pour de nouveaux droits.
-          Les conflits ont tendance à se déplacer du secteur privé au secteur public (fonctionnaires peuvent plus facilement se mobiliser car ne risquent pas de représailles directes de leur patron)
-          Pour aboutir, les conflits visent à paralyser la France (SNCF, barrages routiers, transporteurs aériens)

è Les conflits du travail ont évolué sur 3 critères :
-          Les acteurs s’engageant dans le conflit (baisse du secteur privé, hausse du secteur privé)
-          Les enjeux du conflit (offensif/défensif)
-          Le répertoire d’action mobilisé (baisse des grèves/hausse des conflits courts et violents)

2-      La diversité des nouveaux mouvements sociaux (NMS)

Conflits du travail
NMS
Acteurs
Actifs : essentiellement des ouvriers, peu diplômés, hommes, plus de 40 ans
Citoyens : catégories moyennes/favorisées, diplômés, hommes et femmes, jeunes
Représentants, encadrants
Syndicats, partis
Associations, collectifs temporaires
Enjeux
Travail (enjeux matérialistes) : hausse des salaires, protection des travailleurs
Post-matérialistes : revendication qualitative, lutte pour une meilleure qualité de vie, valeurs importantes
Répertoire
Grèves, actions violentes
Actions à visée médiatique : manifestation, Gay pride, boycott, intrusion dans une centrale nucléaire

Dans les années 70/80, les conflits sociaux se transformaient pour laisser place aux NMS. Ils ne sont pas construits sur une opposition de classe et dépassent les enjeux matérialistes. Ils mettent en évidence une nouvelle culture politique basée sur le travail et sur l’épanouissement personnel, sur les valeurs qui touchent les individus.
Egalité (manifestations pour le mariage homosexuel, droits des femmes, accueil des migrants) Liberté (presse, Amnesty international, opinion) Ecologie (destruction de fast food, champs OGM, Green Peace) Solidarité (altermondialisme).
Le développement de ces NMS a été permis par la montée de l’individualisme après les Trente glorieuses qui ont permis la satisfaction des besoins matériels et ont laissé plus de place à l’épanouissement personnel.
II-                  Comment analyser les conflits sociaux ?
A-     Le conflit : pathologie de l’intégration ou facteur de cohésion ?
1-      Le conflit comme rupture du lien social
Les conflits sociaux peuvent être perçus comme un manque d’intégration de certains groupes.
L’affaiblissement des institutions et des solidarités peuvent conduire les individus à adopter des comportements anormaux. N’étant pas encadrés par la famille, la religion, l’Etat, l’individu peut entrer en conflit avec le reste de la société en voulant imposer des normes et des valeurs. Si l’individu c’était senti appartenir à un groupe, ses revendications auraient été moins fortes et les conflits moins nombreux.
Plus largement, les valeurs et les normes d’une société doivent encadrer les comportements de l’individu. Ces normes ont tendance à se relâcher avec la montée de l’individualisme. L’affirmation des valeurs personnelles va donc se développer, les conflits aussi. Si les normes et les valeurs avaient été mieux partagées/inculquées, les conflits auraient été réduits.
è Au final, les conflits naissent d’une trop grande frustration qui trouve sa source lorsque l’écart entre les buts à atteindre et les moyens donnés aux individus pour les atteindre est trop grand. On parle d’anomie.

2-      Le conflit comme créateur de lien social
Dans d’autres analyses, le conflit peut être envisagé comme un facteur de la cohésion sociale :
-          Entrer en conflit nécessite de s’organiser, de débattre et créer donc du lien social au sein du groupe qui souhaite manifester (fabrication des tracts, organisation de manifestations)
-          Certains conflits visent à affirmer les valeurs essentielles d’une société. Les individus mettent en avant leurs points communs avec les autres. De la solidarité mécanique apparait. Le conflit rapproche les individus, forme des liens
-          Les conflits sont créateurs de liens sociaux car ils finissent généralement par l’adoption d’un compromis. Chacun fait valoir son opinion mais l’Etat finira par trancher. Cette décision devrait rapprocher les individus, mettre fin aux tensions
-          Les conflits peuvent aussi créer des liens au sein de chaque groupe. Une solidarité entre les manifestants se développe puisqu’ils partagent une expérience qui les rapproche.

è Au final, selon les analyses, les conflits peuvent être perçus comme un manque d’intégration, pathologie intérieure, soit, au contraire, comme des évènements créant du lien social.

B-     Le conflit : moteur ou frein au changement social
Le changement social est l’ensemble des transformations des normes, valeurs, culture, mentalité qui affecte durable le fonctionnement d’une société.
1-      Le conflit comme facteur de changement social
Les événements de mai 1968 remettent en cause le modèle autoritaire sur lequel était basée notre société. Dans chaque domaine, les institutions sont fragilisées, les individus ne veulent pas se voir imposer leur comportement (remise en cause des forces de l’ordre, des patrons, professeurs).
Mai 1968 s’explique par différentes transformations économiques et sociales :
-          Le baby-boom qui augmente le nombre de jeunes avec des valeurs et une culture différente de celle des ainés
-          Un essoufflement du modèle fordiste. L’ouvrier ne veut pas être considéré comme un robot, un enfant
De nombreux changements  sociaux se sont développés avec les évènements de mai 1968 (montée de l’individualisme, remise en cause des institutions, demande de plus de liberté/égalité, transformation de la vision du travail, préoccupation internationales…)
D’autres conflits ont été moteurs du changement : manifestation pour le mariage homosexuel (montée de la tolérance), les mobilisations répétées de Green Peace, WWF ont sensibilisé les individus aux problématiques écologiques. Les mouvements altermondialistes ont développé une solidarité internationale et favorisé un commerce plus juste.
2-      Le conflit comme résistance au changement social
A l’inverse, le conflit peut être le signe d’une résistance au changement, peut exprimer la volonté de maintenir les valeurs existantes (manifestation contre la nouvelle région, contre le mariage pour tous, contre la réforme des retraites) et montre une volonté de garder le système existant. La remise en cause du système est néfaste aux yeux des manifestants. Ils luttent pour ralentir ces changements.
è 2 grilles d’analyse peuvent être développées sur les conflits :
-          La première montre qu’ils peuvent perçus comme facteurs ou rupture de lien social

-          La deuxième les présente soit comme des moteurs ou des freins au changement social 

SES, Mondialisation, finance internationale et interrogation européenne, Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ?, TES

Mondialisation, finance internationale et interrogation européenne
Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ? 
Le commerce international rassemble l’ensemble des échanges de biens et services qui traversent une/des frontières. On distingue généralement les importations des exportations. Le développement du commerce international au cours du XXe-XXIe siècle conduit à une interdépendance croissante des économies. On parle aujourd’hui de mondialisation.
I-                    La libéralisation progressive des échanges de biens et services au niveau mondial
A-     Qu’échangeons-nous ?
De 1950 à 2009, les exportations ont augmenté en moyenne de 6% par an. Durant cette même période, les échanges internationaux de produits manufacturés ont été multipliés par 60 soit une augmentation de 7% chaque année.
Le commerce international a explosé au cours du XX siècle. A cela s’ajoute les échanges de services (banques, transports). Aujourd’hui, sur 100 produits échangés, 55 sont des biens manufacturés, 25 des matières premières et 20 des services. La part des services tend à s’accroitre d’années en années. Une part croissante des productions nationales est aujourd’hui échangée avec l’étranger : le commerce international progresse donc plus vite que la production mondiale. Les économies sont de plus en plus interconnectées.
B-     Qui échange ?
Toutes les zones géographiques ne sont pas intégrées à la mondialisation de manière inégalitaire. Trois pôles essentiels ressortent : les trois pôles de la triade. D’autres zones émergent. Enfin, les dernières sont mises à l’écart.
C-     Le GATT et l’OMC facilitent les échanges internationaux
Le GATT (accords généraux sur les tarifs douaniers et le commerce) est signé en 1947. Cet accord, conclu entre pays volontaires, vise à libéraliser progressivement le commerce mondial, c’est-à-dire diminuer les droits de douane, supprimer les quotas d’importation et plus largement toutes les entraves, barrières, aux échanges internationaux.
Le GATT et l’OMC ont permis une diminution importante des droits de douanes, ceux-ci sont en moyenne de 5% aujourd’hui alors que dans les années 1950, ils étaient en moyenne à 40%. Dans le même temps, le nombre de pays membres a lui aussi été multiplié par 8. Aujourd’hui, plus de 160 pays appartiennent à l’OMC. La baisse des droits de douane est discutée lors de cycles de négociation (round) c’est-à-dire des réunions où un accord multilatéral est négocié sur certains biens et services. Ces accords contiennent entre autre la « clause de la nation la plus favorisée » ; un avantage donné à un pays étranger doit être généralisé à tous les autres (sauf exception).
En 1995, l’OMC a remplacé le GATT :
-          Cette organisation a un champ d’action plus vaste. Tous les biens et services peuvent faire l’objet de négociation.
-          L’OMC dispose d’un pouvoir de sanction à travers l’ORD (organe des règlements des différents) : si un pays ne respecte pas les accords, il peut y être contraint par l’OMC.

II-                  Les déterminants du commerce international
Différentes théories économiques cherchent à justifier le commerce international, celles-ci ont rencontré un certain succès puisque l’immense majorité des pays appartiennent à l’OMC aujourd’hui.
A-     Spécialisation et avantages comparatifs au cœur de la mondialisation
Selon la théorie des avantages d’A. Smith, les pays ont intérêt à échanger avec les autres s’ils produisent de manière plus efficace que ceux-ci. Ainsi, une partie des pays sont exclus du commerce mondial s’ils ne sont jamais, pour aucune production, meilleurs que les autres.
Ricardo va remettre en cause cette théorie et présenter la théorie des avantages relatifs. Pour Ricardo, chaque pays doit se spécialiser dans la production où il dégage l’avantage le plus important ou le désavantage le moins important. En se spécialisant, chaque pays fait augmenter la production mondiale. Le commerce international favorise la croissance économique, chaque pays, en échangeant des biens et services qu’il a abandonné sera plus riche. Le commerce international est donc bénéfique à tous et pas simplement aux pays qui dégagent un avantage absolu.
è Ainsi, pour Ricardo, chaque pays doit se spécialiser dans la production où il a le plus fort avantage, le plus faible désavantage. La production mondiale augmentera, chaque pays sera plus riche en échangeant plutôt qu’en vivant en autarcie.

B-     La théorie HOS prolonge la théorie des avantages comparatifs
La dotation factorielle est la quantité de chaque facteur de production dont dispose un pays. On distingue généralement trois facteurs de production : le travail, le capital et la terre. Le pays doit se spécialiser dans les productions qui nécessitent relativement le plus de ce facteur. Aujourd’hui, les principales exportations de l’Australie sont des moutons et de différents minerais. A l’inverse, l’Europe dispose relativement plus de capital, elle doit se spécialiser dans les productions qui en ont besoin. Aujourd’hui l’Europe est à la pointe dans les domaines aéronautiques.
La théorie HOS (Heckscher/Ohlin/Samuelson) complète celle de Ricardo en donnant une origine à la plus grande efficacité dans la production de certains biens et services. Ainsi, chaque pays doit se spécialiser où il est relativement le meilleur (le moins nul) c’est-à-dire dans les productions qui nécessitent relativement le plus du facteur le plus abondant.
La France importe essentiellement de Chine des biens faibles en valeur ajoutée qui sont produits à partir de capital de base et en travailleurs peu/pas qualifiés. Ce sont de ces facteurs que la Chine est relativement le mieux dotée, il est normal qu’elle se soit spécialisée dans ces productions. La France exporte essentiellement vers la Chine des produits à forte valeur ajoutée qui nécessitent du capital de pointe et une main d’œuvre qualifiée (aéronautique, machines produits chimiques). Elle s’est donc spécialisée dans les productions qui nécessitent des facteurs qui étaient relativement les plus abondants.   
La théorie HOS semble largement confirmée. Cependant, un pays ne se spécialise jamais totalement dans une seule production. Il continue de produire d’autres biens et services même s’il n’est pas le plus performant. Par ailleurs, cette théorie ne distingue que trois facteurs de production. Dans la réalité, au moins 5 facteurs peuvent être distingués : sol, capital de base, capital de pointe, travail peu/pas qualifié et travail qualifié.
è La théorie des avantages comparatifs et la théorie HOS pousse les pays du Nord à produire des biens et services à forte valeur ajoutée car ils sont mieux dotés en capital de pointe et en travailleurs qualifiés. A l’inverse, les pays du Sud se spécialisent dans les productions à faible valeur ajoutée car elles nécessitent beaucoup des facteurs dont ils sont abondants (terre, travail peu qualifiée, capital de base). On assiste à une DIT : division internationale du travail. Elle tend à s’affaiblir depuis les années 1980.

C-     Le commerce intra-branche contredit en partie des théories classiques du commerce international
Un échange croisé est un commerce intra-branche, un commerce de productions similaires entre pays. Ce commerce intra-branche est le plus développé entre les pays du Nord où les populations sont riches et veulent pouvoir choisir entre plusieurs marques. On parle de demande de différence. La concurrence internationale permet aux consommateurs d’avoir accès à un large choix de biens et services similaires.
L’indice de Grubel-Lloyd mesure la part des échanges intra-branche dans le total des échanges. Ainsi, en 2006, 63% des échanges des USA avec le reste du monde étaient des échanges intra-branche. Le commerce intra-branche semble se développer depuis les années 1960/70 dans les pays du Nord. Il remet en cause la théorie des avantages comparatifs et HOS puisque plusieurs pays se spécialisent dans la production de biens et services similaires. Les théories traditionnelles n’avaient pas anticipé ce phénomène.

III-                Le libre échange est-il profitable à tous ?
A-     Avantages et inconvénients de libre échange
1-      Les effets positifs de l’internationalisation des échanges
La spécialisation amène chaque pays à être plus efficace sur la production du bien/service dans lequel il s’est focalisé. Des gains de production vont émerger. Par ailleurs, la DIT permet d’accéder à des ressources produites par les autres, moins chères, ce qui va améliorer l’efficacité des pays importateurs. Leurs gains de production seront plus importants. Ces gains de production dégagées peuvent permettre d’être plus efficaces que la concurrence et permettent d’accéder à des marchés plus vastes. Les entreprises devront développer leurs productions ce qui sera favorable à la croissance. Au final, le libre-échange stimule la production de chaque pays.
Plus largement, tous les acteurs sont gagnants au libre-échange :
-          Les consommateurs : baisse des prix, hausse du choix
-          Les producteurs : sont poussés à innover pour se démarquer de la concurrence, ils se retrouveront en situation de monopole et feront plus de profits. La production sera moins chère, développement de la concurrence et baisse des prix des matières premières et des pièces détachées. Le développement de leur capacité de production puisqu’un marché plus grand s’offre à eux (économie d’échelle).

2-      Les perdants du libre-échange
La colonisation a laissé aux pays du Sud des spécialisations sur les productions à faible valeur ajoutée qui ne permettent que peu le développement et la croissance. A l’inverse, les pays du Nord ont construit leurs spécialisations sur des domaines porteurs (chimie, micro-électronique) qui permettent le développement et la croissance future.
Pour obtenir les moyens de se développer, les anciens pays colonisés doivent vendre leurs productions à un prix stable pour espérer avoir les moyens d’importer les technologies nécessaires à leur développement. Mais les prix de leurs produits tendent à décliner ce qui rend de plus en plus difficile leurs importations.
Plus généralement, on calcule les termes de l’échange d’un pays en comparant l’évolution du prix des biens et services qu’il exporte à l’évolution des prix des biens et services qu’il importe. Si le prix de ses exportations augmente plus vite que le prix de ses importations, alors les termes de l’échange s’améliorent. Il devient dke plus en plus facile d’importer grâce à ses exportations et inversement. Pour les pays du Sud (sauf les pays pétroliers), les prix de leurs exportations tendent à diminuer alors que le prix de leurs importations tend à augmenter. Les termes de l’échange se dégradent, il devient de plus en plus difficile de commercer avec les autres.
è Le commerce international ne semble pas profitable à tous à l’inverse de ce que disaient les théories classiques (Ricardo). Deux facteurs essentiels sont à prendre en compte :
-          La ou les productions sans lesquelles se spécialise un pays
-          L’évolution des termes de l’échange (importation et exportation)

B-     Avantages et inconvénients du protectionnisme
1-      Comment justifier le protectionnisme ?
Le protectionnisme est une doctrine qui vise à limiter les importations et à favoriser l’économie nationale. On distingue deux types de barrières protectionnistes :
-          Des barrières tarifaires qui visent à modifier le prix des biens et services importés et/ou des productions exportées (droits de douane, subventions à l’exportation)
-          Des barrières non tarifaires qui visent à modifier toutes les autres variables que le prix (interdiction d’importation, quotas d’importation, normes technologiques/environnementales/sanitaires).
Pour List, le protectionnisme peut se justifier pour les jeunes entreprises qui n’ont pas encore la capacité de faire face à la concurrence internationale. En les protégeant, elles vont acquérir de l’expérience et pourront développer leur production, dégager des gains de production qui leur permettront à terme de vendre moins cher et faire face à la concurrence étrangère. On parle de protectionnisme éducatif ou des industries naissantes. Ce protectionnisme ne doit pas être illimité mais temporaire, le temps pour l’entreprise de faire face à la concurrence. Ce type de protectionnisme se justifie plus pour les pays en développement, émergeants.
Dans les pays du Nord, le protectionnisme pour les entreprises vieillissantes semble justifié, il vise à protéger les industries qui menacent de disparaitre à cause de la concurrence. Il faut laisser le temps à ces entreprises mourantes de soit se redéployer soit les laisser se fermer en douceur pour éviter une explosion du chômage dans ces secteurs.
Enfin, certaines entreprises sont jugées stratégiques du point de vue du développement du pays et peuvent être protégées (armée, énergie). On parle de protectionnisme stratégique. En cas de conflit ou d’évènement majeur, un pays se doit d’être autonome pour assurer son développement et sa croissance.
2-      Les barrières se révèlent néfastes pour les consommateurs  
Le protectionnisme a cependant des limites qui touchent en premier lieu les consommateurs (hausse des prix, baisse du choix, moins d’innovation car les entreprises ne sont pas incitées à s’améliorer, la concurrence étrangère n’existe pas). Plus largement, le protectionnisme conduit à des risques de représailles de la part des pays étrangers qui vont à leur tour interdire, limiter les exportations sur leur sol. Les entreprises exportatrices produisent moins, la croissance sera ralentie.
IV-               L’impact des FTN sur le commerce international
Une FTN est une entreprise qui produit dans plusieurs pays et qui vend cette production à l’internationale. Une FTN est constituée d’une société mère c’est-à-dire son siège installé dans un pays (souvent dans son pays de naissance qui va donner sa nationalité à l’entreprise). Les autres entreprises implantées à l’étranger et appartenant à l’entreprise sont appelées filiales. La société mère a traversé, transcendé ses frontières pour s’installer à l’étranger. Le terme FTN laisse penser qu’une entreprise puisse avoir plusieurs nationalités.
A-     Vers une nouvelle DIT ?
1-      Commerce intra-firme et DIPP
Le commerce intra-firme est l’ensemble des biens et services échangés au sein d’une FTN. Puisque la production est implantée dans plusieurs pays, les pièces détachées doivent traverser les frontières pour être assemblées dans un autre pays afin de constituer le bien final. Ce commerce intra-firme ne s’explique pas par les lois du marché puisque les prix pratiqués ne vont pas correspondre au cout de production de chaque pièce détachée. Ainsi, il est difficile de mesurer le commerce intra-firme, on l’évalue à 1/3 du commerce international.
Ce commerce intra-firme va faire naitre une nouvelle DIT : la DIPP. Les FTN vont produire dans les pays qui leur permettent d’obtenir le plus d’avantages possibles. Chaque pièce détachée sera produite dans le pays le plus avantageux, généralement ces productions auront lieu dans un pays du Sud. Ainsi, les pièces détachées à faible valeur ajoutée et l’assemblage final auront lieu dans les pays en développement. Les pays du Nord garderont les productions de services à forte valeur ajoutée (R&D, marketing). La DIT s’est complexifiée sous l’effet des FTN.
Pour développer une FTN, une entreprise doit s’installer et produire à l’étranger. Elle peut le faire de deux façons :
-          Construire de toutes pièces un nouveau site de production
-          Racheter un site de production étranger : IDE (investissement direct à l’étranger) c’est lorsqu’une FTN, en investissant à l’étranger, prend le contrôle de plus de 10% de la valeur d’une entreprise étrangère. En dessous de 10%, on parle d’investissement de portefeuille et on considère que cet investissement est uniquement financier et non pas dans un but productif.

2-      Pourquoi les entreprises s’ouvrent-elles au commerce international ?
La compétitivité mesure la capacité d’une entreprise à faire face à la concurrence étrangère. On distingue deux types de compétitivité :
-          La compétitivité prix : l’entreprise cherche à vendre à des prix inférieurs à ceux de ses concurrents (s’implanter dans un pays où la main d’œuvre est peu chère, s’implanter dans un pays à faible taux d’imposition)
-          La compétitivité hors-prix : l’entreprise cherche à vendre sur les autres variables que le prix, sur la qualité (développement technologique innovant, SAV de qualité, production hors gamme, faibles normes)

è Les stratégies de localisation des FTN sont diverses. En fonction du type de compétitivité recherchée, les FTN se développent plutôt au Nord, au Sud ou dans les pays émergents.

B-     Impacts des FTN sur les pays d’accueil et de départ des IDE

Ø  Pays d’accueil :

-          Avantages : hausse de la production (croissance), baisse du chômage, hausse du pouvoir d’achat, transfert technologique (installation de capital « de pointe » dans le pays).
-          Inconvénients : déstabilisation des producteurs nationaux (concurrence avec de très grandes entreprises), risque de dumping social et fiscal (droit du travail, impôts) qui compromettent le développement du pays, politique du moins disant.

Ø  Pays de départ :

-          Avantages : baisse des prix. Si le pays de départ est du Nord, il gardera des emplois qualifiés et délocalisera uniquement les emplois à faible valeur ajoutée.

-          Inconvénients : les délocalisations amènent à une hausse du chômage en particulier pour les travailleurs les moins qualifiées, menace sur les protections sociales.